Balance

À propos de la médiation

Je définis la médiation comme un processus de régulation créatif et réparateur des conflits visant l’épargne ou le désamorçage de la violence pour sauvegarder/restaurer/réparer le lien relationnel (familial, professionnel, social…).

Inscrite dans le temps, tournée vers l’avenir, reposant sur une logique de dignité des acteurs, la médiation s’intéresse à la relation interpersonnelle plutôt qu’à la relation à la loi (la médiation tient compte de la loi mais n’est pas régie par celle-ci) ; aux représentations et aux discours plutôt qu’aux faits (même si, ceux-ci peuvent permettre de déclencher la médiation).

La médiation est un dispositif pour désamorcer la violence en communiquant sur ce qui fait différend.


Ce processus est organisé par la médiatrice qui propose et garantit un cadre aux parties concernées, expertes de leur situation, pour échanger sur le conflit afin de trouver et construire ensemble des modalités acceptables de dialogue et de relation.


Ce processus s’effectue dans un cadre déontologique défini par :


. La confidentialité : les parties en conflit s’engagent à garder le silence vis-à-vis des tiers sur le contenu des discussions (sauf accord contraire entre les parties). Aucun compte-rendu n’est rédigé.


. L’autonomie : le processus de médiation est basé sur la capacité d’autodétermination et la responsabilité des personnes impliquées. La médiatrice est indépendante face aux participants, aux autres acteurs éventuels (avocats, institutions, managers…) et n’a aucun pouvoir décisionnel en rapport avec le contenu.


. Le volontariat : le consentement des parties et l’adhésion au processus sont des prérequis pour démarrer une médiation. La médiatrice y veille en communiquant des informations sur ce qu’est ou n’est pas la médiation, en vérifiant l’adhésion librement consentie et la capacité à se déterminer. L’adhésion des personnes doit être libre, claire et actuelle. L’interruption des négociations est possible à tout moment dès qu’une des parties (médiatrice inclus) ne voit plus d’intérêt à la continuation des discussions.


. La neutralité, l’impartialité : la médiatrice ne poursuit aucun intérêt personnel dans la médiation et ne favorise aucune des parties. La médiatrice ne prend pas partie. Elle contrôle le processus et non son contenu ou son résultat. Elle s’assure que les choix sont faits en connaissance de cause dans le respect des intérêts, valeurs et possibilités des participants. La médiatrice respecte le pouvoir de décision des parties et s’abstient d’imposer une solution au conflit.


La médiatrice est la garante du cadre tout au long de la médiation avec authenticité et pragmatisme.

Elle ne peut pas garantir de résultats quant à la résolution du conflit.

Toutefois, elle accompagne les personnes dans leur expertise de la situation de conflit et dans leur capacité d’intervention et de négociation à résoudre ce conflit.


Son objectif est de permettre aux parties d’émettre des solutions acceptables pour agir/intervenir/opérer et s’émanciper du conflit - grâce à une ouverture dans la communication (partage des besoins et des attentes) et à la co-construction (création de solutions communes).

Sylvie PONT - Mai 2021